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Qualité de l’air dans l’Eurométropole : un enjeu sanitaire 

Environnement, écologie, climat

Qualité de l’air dans l’Eurométropole : un enjeu sanitaire 

Environnement, écologie, climat

Publié le 22/10/2026 - Modifié le 22/10/2026

Qualité de l’air dans l’Eurométropole : un enjeu sanitaire 

Fil d'Ariane

En prévision de la révision de son plan climat et pour répondre aux normes européennes, la collectivité travaille à l’élaboration d’un plan d’actions pour la qualité de l’air. 

Responsable de maladies respiratoires, cardiovasculaires et métaboliques, la pollution de l’air est scrutée de près, en lien avec les seuils d’émissions réglementaires. Ceux-ci seront davantage contraignants d’ici le 1er janvier 2030, date à laquelle les États devront se soumettre aux nouvelles normes européennes pour les teneurs en dioxyde d’azote, particules fines et ozone, conformément à la directive de 2024 relative à la qualité de l’air ambiant. À l’horizon 2050, ce sont les normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), encore plus strictes, qu’il faudra atteindre.

Éviter 300 décès par an

“Dans un scénario où la concentration de particules fines (PM 2,5) est durablement ramenée au niveau fixé par l’OMS, alors 294 décès prématurés par an, liés à la pollution de l’air, pourraient être évités dans l’Eurométropole, souligne Chantal Cutajar, vice-présidente de l’Eurométropole de Strasbourg en charge de la transition écologique, du développement durable et de la santé environnementale. Sans compter que les conséquences sanitaires de la pollution de l’air ont un poids économique, en matière de dépenses de soins et de dégradation de la qualité de vie.”

Cette appréciation est issue d’une évaluation quantitative des impacts sur la santé de la pollution atmosphérique, réalisée en 2025 à l’échelle de l’Eurométropole, avec le soutien financier de l’Ademe, en partenariat avec l’Observatoire régional de la santé du Grand Est et Atmo Grand Est, l’organisme chargé de “surveiller la qualité de l’air pour la santé des populations et des écosystèmes”, selon son directeur général, Etienne Koszul. 

Trafic routier, chauffage, activités agricoles et industrielles

L’Eurométropole souhaite se saisir de cette enquête afin d’élaborer, dès 2027, son premier plan d’actions pour la qualité de l’air (PAQA), qu’elle intègrera à la révision de son outil de planification écologique, le plan climat-air-énergie territorial. Les principales sources de pollution de l’air provenant du trafic routier, du chauffage des bâtiments, notamment au bois, et des activités agricoles, industrielles et portuaires, la collectivité dispose de leviers d’actions. Chantal Cutajar annonce ainsi la poursuite du dispositif d’aide au remplacement des appareils anciens de chauffage au bois. 17 000 appareils de chauffage au bois sont recensés dans l’Eurométropole, dont 42% sont jugés peu performants. 

D’autres actions concernent les mobilités, avec la réorientation du conseil en mobilité et des aides de l’Eurométropole pour changer ou renoncer à son véhicule, dans le cadre de l’adaptation du calendrier de déploiement de la zone à faibles émissions. Des pratiques agricoles plus vertueuses sont également encouragées afin de limiter les émissions d’ammoniac et une campagne de mesures à proximité des sites industriels et dans les quartiers résidentiels voisins est également prévue entre octobre 2026 et juillet 2027. La prochaine révision du plan local d’urbanisme sera aussi l’occasion d’intégrer l’analyse de la qualité de l’air dans le cadre d’autorisations d’urbanisme, notamment dans la perspective de construction d’établissements accueillant des publics sensibles. 

Enfin, Atmo Grand Est se dote progressivement de stations de mesures dédiées à l’étude des polluants éternels (Pfas) présents dans l’air ambiant. Alors qu’ils étaient  “non mesurables il y a encore deux ans en raison d’une technologie inexistante”, justifie Etienne Koszul, une station de prélèvement des Pfas a été déployée cette année dans l’Eurométropole. 

Lucie Dupin
Photo Laetitia Piccarreta